L'audiovisuel public après le 7 mai

Dans son programme, Emmanuel Macron annonce vouloir réorganiser l’audiovisuel public et n’exclut pas, pour cela, de supprimer certaines chaînes. L’inverse de Marine Le Pen.

Si Emmanuel Macron l’emportait le 7 mai face à Marine Le Pen, c’est un véritable chamboulement qui attendrait l’audiovisuel public. Car le candidat à la présidentielle avance dans son programme plusieurs réformes visant à faire “évoluer l’organisation, le fonctionnement et la gouvernance” de ces médias. En premier lieu, le leader du mouvement En Marche! souhaite “rapprocher les sociétés audiovisuelles publiques”. Il semble qu’Emmanuel Macron entende poursuivre les synergies entres les différentes entités comme a commencé à le faire Delphine Ernotte avec la chaîne d’info en continue Franceinfo.

A terme, il semble donc que le candidat veuille fusionner France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (RFI, France 24, Monte Carlo Doualiya). L’INA pourrait également être concerné. Ce grand ensemble ne serait d’ailleurs pas gouverné comme c’est le cas actuellement. Alors que les patrons sont aujourd’hui nommés par le CSA, ils seraient désignés dans l’avenir par le conseil d’administration des groupes, après un appel public à candidature. Le Conseil se verrait alors retirer l’un de ses principaux pouvoirs.

Emmanuel Macron veut supprimer des chaînes publiques

Emmanuel Macron ne dit pas grand chose de cette réorganisation… Mais donne toute de même une piste. Dans son programme, il indique vouloir “concentrer les moyens sur des chaînes moins nombreuses mais pleinement dédiées à leur mission de service public”. En clair, au moins France 4 et Le Moov’, qui engrangent les plus petites audiences de l'audiovisuel public, peuvent se faire du souci...

Enfin, dernière promesse qui pourrait avoir une influence sur France Télévisions : “simplifier la réglementation audiovisuelle en matière de publicité, de financement et de diffusion”. Sur ce point, Emmanuel Macron entretient le flou… Envisage-t-il de rouvrir la porte à la publicité après 20h sur les chaînes publiques ? Entend-il réformer la chronologie des médias, réduisant le délai entre la sortie en salles d’un film et sa diffusion à la télévision ? Autant de questions qui restent en suspens.

Marine Le Pen veut laisser son indépendance à chaque entité publique

Marine Le Pen, de son côté, n’accorde pas une grande place dans son programme à l’audiovisuel public. Elle indique seulement souhaiter réformer le CSA “avec la création de trois collèges” (représentants de l’Etat, professionnels, représentants de la société civile). Des associations de téléspectateurs et d’auditeurs pourraient ainsi donner leur avis et émettre des recommandations. Les présidents de groupes seraient toujours nommés par le Conseil.

Fin février, Florian Philippot a précisé que la candidate du FN souhaitait garder France Télévisions, Radio France et Médias Monde indépendants et que toutes les chaînes publiques seraient maintenues, comme le rapportent Les Echos. Le vice-président du parti était alors resté vague sur le financement, évoquant des “économies” et lançant l’hypothèse d’une réduction des “très hauts salaires”. Il avait aussi promis de ne pas augmenter la redevance.

Hervé CHATEAUNEUF

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